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 La poésie

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MatilD
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MessageSujet: La poésie   Sam 26 Mai - 13:52

Bon j'ouvre un topic pour qu'on poste les poèmes qu'on aime, qui nous ont marqué, voire ceux qu'on écrit...
On a vu un poème hier en Français j'me suis dit qu'il serait bon de vous le faire partager :

Moi, je et nous voudrions

Installé das un rutilant confort tendrement moelleux,
Je pense me la couler douce sous de bons cieux,
Et satisfaire mes besoins et mes désirs jusqu'à la mort
Sans regarder ailleurs, centré sur mon propre décor.

Eh oui, j'en ai bavé pour m'acheter une petite maison,
Une voiture, une moto, un chien et des télévisions !
J'ai travaillé dur, alors, j'ai des droits de propriétaire
Et vous voudriez que je regarde, là-bas, la misère !

Nous voudrions que tu écoutes attentivement le vent
Qui "hurle" la douleur et les larmes des pauvres gens

Je me suis offert une piscine avec un soleil artificiel,
Je n'invite pas qui veut à profiter de mes avoirs,
Ma femme, mes gosses, mes amis le samedi soir
Me suffisent amplement sous mon toit sans ciel.

J'habite un pays neutre où aucun risque n'est possible,
La guerre est à cent lieux et elle n'est pas si terrible,
Après tout, s'ils veulent se battre, ce n'est pas si grave,
Ce sont des Noirs, des arabes ou des Slaves.

Nous voudrions que tu écoutes attentivement le vent
Qui "hurle" la douleur et les larmes des pauvres gens.
Ce sont nos multinationales qui sèment la zizanie
Pour s'enrichir, encore et encore, au mépris de la vie.

Mon patron, lui, il a construit son usine de ses mains,
On y fabrique de gros canons, mais c'est bien
Puisqu'il emploie patriotiquementtrois mille ouvriers,
Hélas, des fainéants que je dois souvent rudoyer !

Il y a trop de gens qui perdent leur temps à manifester
Pour les femmes, les réfugiés, au lieu d'aller bosser,
Alors que peut-on me reprocher, je ne m'amuse pas à ça ?
Je ne suis pas sans-logis et sans pouvoir d'achat.

Nous voudrions que tu écoutes attentivement le vent
Qui "hurle" la douleur et les larmes des pauvres gens.
Ce sont nos multinationales qui sèment la zizanie
Pour s'enrichir, encore et encore, au mépris de la vie.
Pour les déshérités, nous demandons la compréhension
Car il n'y a pas de salaire pour toute la population.

Je ne suis pas un antisocial, un égoïste ou un raciste,
Le donne de l'argent pour la chaîne du bonheur,
Histoire d'éloigner de chez moi la pauvreté, le malheur,
Et dire qu'on me traite de monstrueux fasciste !

Même si cette inéluctable vérité peut vous paraître sadique,
La bonté, la générosité sans profit n'existent pas,
De croire aux bons sentiments, c'est entièrement utopique.
Qu'apportent vos bonnes actions lors d'un trépas?

Nous voudrions que tu écoutes attentivement le vent
Qui "hurle" la douleur et les larmes des pauvres gens.
Ce sont nos multinationales qui sèment la zizanie
Pour s'enrichir, encore et encore, au mépris de la vie.
Pour les déshérités, nous demandons la compréhension
Car il n'y a pas de salaire pour toute la population.
Si tu voulais bien voir les autres, tu te rendrais compte
Que dans leurs yeux clairvoyants se reflète ta honte.

De nos jours, il faut être combatif, le plus fort, le meilleur.
Regardez, l'Amérique est respectée, un impérialisme
Qui sait être cruel et vindicatif à ses heures,
Et vous voudriez que j'abandonne mon égocentrisme ?

On ne doit pas tout tolérer, les femmes doivent se taire
Pour que leur mari et leur père les exhibent, fiers.
Cea éviterait bien des remises en questions, parbleu !
Voilà, même si cela, pour vous, peut être odieux !

Nous voudrions que tu écoutes attentivement le vent
Qui "hurle" la douleur et les larmes des pauvres gens.
Ce sont nos multinationales qui sèment la zizanie
Pour s'enrichir, encore et encore, au mépris de la vie.
Pour les déshérités, nous demandons la compréhension
Car il n'y a pas de salaire pour toute la population.
Si tu voulais bien voir les autres, tu te rendrais compte
Que dans leurs yeux clairvoyants se reflète ta honte.
Nous aimerions que tu donnes un brin d'humanité,
Cela soulagerait ton coeur lourd, dur et ficelé.

Bluette Staeger, Amour, solidarité et action, Poèmes engagés.
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Kiko
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MessageSujet: Re: La poésie   Sam 26 Mai - 14:25

La nuit unique

Toute ma vie je me souviendrai de cette soirée, de cette nuit, de cet instant,
Cet instant qui devait décider de toute ma vie,
Cette nuit qui a fait mon bonheur avant de me plonger dans les soupirs,
Cette heure obscure où tu m’as dit oui.

Il était tard et la lune nous éclairait de sa faible clarté.
Au milieu du jardin, près du bassin dans les allées sous les arbres,
Tu m’as répondu oui, lorsque je t’ai demandé si tu voulais m’aimer.
Pourquoi ne pas m’avoir repoussé dès le début ?

Je m’ensevelissais dans le sombre manteau du sommeil,
Avant de me réveiller en pleine nuit. Je me levai et regardai par la fenêtre.
Ô ville endormie, ô Côte d’Azur, ô douce pénombre, ô fidèles étoiles,
Soyez témoins de mon bonheur ! Pourquoi cette nuit est-elle si différente ?

Tu étais alors loin de moi, dans ta chambre, plongée dans de doux songes,
Et pourtant j’aurais voulu que le temps s’arrête là,
Par crainte, par amour, par lâcheté ou par indiscrétion,
Sachant par avance que notre histoire finirait dans les larmes ou dans le sang.

Que pouvait-il arriver alors ? Je l’ignore.
Et que pouvais-je faire sinon supplier la vie et le destin ?
C’est pourquoi je les implorai : protégez l’amour, protégez le malheur !
Priez ne me coûtait rien… aimer me blessa cruellement.

Depuis cette nuit extraordinaire, cette nuit terrifiante et merveilleuse,
Depuis ce soir de printemps, des années sont passées.
Tu le vois : je ne t’ai pas oubliée. J’espère même te revoir.
Oui… nous nous verrons à la gare ; ma vie n’est qu’un roman de gare.
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héra
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MessageSujet: Re: La poésie   Sam 26 Mai - 14:27

Bravo
Belle initiative!
flower



Colloque sentimental








Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l'heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l'on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé.

- Te souvient-il de notre extase ancienne?
- Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne?

- Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom?
Toujours vois-tu mon âme en rêve? - Non.

Ah ! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches ! - C'est possible.

- Qu'il était bleu, le ciel, et grand, l'espoir !
- L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.





Paul VERLAINE (1844-1896)
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bassai dai
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MessageSujet: Re: La poésie   Sam 26 Mai - 14:31





Charles BAUDELAIRE ( 1821-1867 )





ENIVREZ-VOUS! - poème en prose

Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise
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MatilD
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MessageSujet: Re: La poésie   Sam 26 Mai - 14:40

Celle-là je l'ai apprise en CM2 et j'lai jamais oubliée...

Souvenir de la nuit du 4

L'enfant avait reçu deux balles dans la tête.
Le logis était propre, humble, paisible, honnête ;
On voyait un rameau bénit sur un portrait.
Une vieille grand-mère était là qui pleurait.
Nous le déshabillions en silence. Sa bouche,
Pâle, s'ouvrait ; la mort noyait son oeil farouche ;
Ses bras pendants semblaient demander des appuis.
Il avait dans sa poche une toupie en buis.
On pouvait mettre un doigt dans les trous de ses plaies.
Avez-vous vu saigner la mûre dans les haies ?
Son crâne était ouvert comme un bois qui se fend.
L'aïeule regarda déshabiller l'enfant,
Disant : - comme il est blanc ! approchez donc la lampe.
Dieu ! ses pauvres cheveux sont collés sur sa tempe ! -
Et quand ce fut fini, le prit sur ses genoux.
La nuit était lugubre ; on entendait des coups
De fusil dans la rue où l'on en tuait d'autres.
- Il faut ensevelir l'enfant, dirent les nôtres.
Et l'on prit un drap blanc dans l'armoire en noyer.
L'aïeule cependant l'approchait du foyer
Comme pour réchauffer ses membres déjà roides.
Hélas ! ce que la mort touche de ses mains froides
Ne se réchauffe plus aux foyers d'ici-bas !
Elle pencha la tête et lui tira ses bas,
Et dans ses vieilles mains prit les pieds du cadavre.
- Est-ce que ce n'est pas une chose qui navre !
Cria-t-elle ; monsieur, il n'avait pas huit ans !
Ses maîtres, il allait en classe, étaient contents.
Monsieur, quand il fallait que je fisse une lettre,
C'est lui qui l'écrivait. Est-ce qu'on va se mettre
A tuer les enfants maintenant ? Ah ! mon Dieu !
On est donc des brigands ! Je vous demande un peu,
Il jouait ce matin, là, devant la fenêtre !
Dire qu'ils m'ont tué ce pauvre petit être !
Il passait dans la rue, ils ont tiré dessus.
Monsieur, il était bon et doux comme un Jésus.
Moi je suis vieille, il est tout simple que je parte ;
Cela n'aurait rien fait à monsieur Bonaparte
De me tuer au lieu de tuer mon enfant ! -
Elle s'interrompit, les sanglots l'étouffant,
Puis elle dit, et tous pleuraient près de l'aïeule :
- Que vais-je devenir à présent toute seule ?
Expliquez-moi cela, vous autres, aujourd'hui.
Hélas ! je n'avais plus de sa mère que lui.
Pourquoi l'a-t-on tué ? Je veux qu'on me l'explique.
L'enfant n'a pas crié vive la République. -

Nous nous taisions, debout et graves, chapeau bas,
Tremblant devant ce deuil qu'on ne console pas.

Vous ne compreniez point, mère, la politique.
Monsieur Napoléon, c'est son nom authentique,
Est pauvre, et même prince ; il aime les palais ;
Il lui convient d'avoir des chevaux, des valets,
De l'argent pour son jeu, sa table, son alcôve,
Ses chasses ; par la même occasion, il sauve
La famille, l'église et la société ;
Il veut avoir Saint-Cloud, plein de roses l'été,
Où viendront l'adorer les préfets et les maires ;
C'est pour cela qu'il faut que les vieilles grand-mères,
De leurs pauvres doigts gris que fait trembler le temps,
Cousent dans le linceul des enfants de sept ans.
Victor Hugo
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bassai dai
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MessageSujet: Re: La poésie   Sam 26 Mai - 14:48

Vous allez dire que ce n'est pas poétique mais j'ai appris l'hymne national à l'école primaire.
Lorsque je suis parti à l'armée,dans la compagnie où j'étais incorporé j'étais le seul à le connaitre ,les autres ont été obligé de l'apprendre .( l'armée leur aura au moins servi à ça )

Citation :
LA MARSEILLAISE
(paroles officielles )


1er couplet :

Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L'étendard sanglant est levé, (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Egorger vos fils, vos compagnes !


Refrain :

Aux armes, citoyens,
Formez vos bataillons,
Marchons, marchons !
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons !


Couplet 2 :

Que veut cette horde d'esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
Français, pour nous, ah ! quel outrage
Quels transports il doit exciter !
C'est nous qu'on ose méditer
De rendre à l'antique esclavage !

Refrain


Couplet 3 :

Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !

Refrain


Couplet 4 :

Tremblez, tyrans et vous perfides
L'opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
Tout est soldat pour vous combattre,
S'ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux,
Contre vous tout prets à se battre !

Refrain


Couplet 5 :

Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Epargnez ces tristes victimes,
A regret s'armant contre nous. (bis)
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !

Refrain


Couplet 6 :

Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !

Refrain


Couplet 7 :

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n'y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus (bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre

Refrain
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MatilD
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MessageSujet: Re: La poésie   Sam 26 Mai - 14:55

C'est un chant plus qu'un poème, mais il est quand même remarquable.

Sinon, un poème, très connu mais toujours aussi beau.

Le dormeur du val
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit

Arthur Rimbaud
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Anna
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MessageSujet: Re: La poésie   Sam 26 Mai - 15:23

Libro de Las Preguntas - Pablo Neruda


Citation :


LXX

Cuál es el trabajo forzado

De h*tler en el infierno?

Pinta paredes o cadáveres?

Olfatea el gas de sus muertos?

Le dan a comer las cenizas

De tantos niños calcinados?

O le han dado desde su muerte

De beber sangre en un embudo?

O le martillan en la boca

Los arrancados dientes de oro?



LXXI

O le acuestan para dormir

Sobre sus alambres de púas?

O le están tatuando la piel

Para lámparas del infierno?

O lo muerden sin compasión

Los negros mastines del fuego?

O debe de noche y de día

Viajar sin tregua com sus presos?

O debe morir sin morir

Eternamente bajo el gas?

http://www.bauleros.org/librodelaspreguntaspabloneruda.html
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Gimdolf_Fleurdelune
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MessageSujet: Re: La poésie   Sam 26 Mai - 15:27

Peut-on considérer certains textes de chansons comme de la poésie ? Si oui, alors j'aime bien les paroles de "Mon p'tit loup" de Pierre Perret. Une formidable invitation au voyage.






T'en fais, pas mon p'tit loup,
C'est la vie, ne pleure pas.
T'oublieras, mon p'tit loup,
Ne pleur' pas.

Je t'amèn'rai sécher tes larmes
Au vent des quat' points cardinaux,
Respirer la violett' à Parme
Et les épices à Colombo.
On verra le fleuve Amazon'
Et la vallée des Orchidées
Et les enfants qui se savonn'nt
Le ventre avec des fleurs coupées.

Allons voir la terre d'Abraham.
C'est encore plus beau qu'on le dit.
Y a des Van Gogh à Amsterdam
Qui ressemblent à des incendies.
On goût'ra les harengs crus
Et on boira du vin d'Moselle.
J'te racont'rai l'succès qu'j'ai eu
Un jour en jouant Sganarelle.

Je t'amèn'rai voir Liverpool
Et ses guirlandes de Haddock
Et des pays où y a des poul's
Qui chant'nt aussi haut que les coqs.
Tous les livres les plus beaux,
De Colette et d'Marcel Aymé,
Ceux de Rab'lais ou d'Léautaud,
Je suis sûr qu'tu vas les aimer.

J't'apprendrai, à la Jamaïque
La pêche' de nuit au lamparo
Et j't'emmènerai faire un pique-nique
En haut du Kilimandjaro
Et tu grimperas sur mon dos
Pour voir le plafond d'la Sixtine.
On s'ra fasciné au Prado
Par les Goya ou les Menine.

Connais-tu, en quadriphonie,
Le dernier tube de Mahler
Et les planteurs de Virginie
Qui ne savent pas qu'y a un hiver.
On en a des chos's à voir
Jusqu'à la Louisiane en fait
Où y a des typ's qui ont tous les soirs
Du désespoir plein la trompett'.

T'en fais pas, mon p'tit loup,
C'est la vie, ne pleur' pas.
Oublie-les, les p'tits cons
Qui t'ont fait ça.
T'en fais pas, mon p'tit loup,
C'est la vie, ne pleur' pas.
J't'en supplie, mon p'tit loup,
Ne pleure pas.
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Franck
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MessageSujet: Re: La poésie   Sam 26 Mai - 15:27

Portrait of a Lady

Thou hast committed—
Fornication: but that was in another country,
And besides, the wench is dead.


The Jew of Malta.


I

AMONG the smoke and fog of a December afternoon
You have the scene arrange itself—as it will seem to do—
With “I have saved this afternoon for you”;
And four wax candles in the darkened room,
Four rings of light upon the ceiling overhead,
An atmosphere of Juliet’s tomb
Prepared for all the things to be said, or left unsaid.
We have been, let us say, to hear the latest Pole
Transmit the Preludes, through his hair and fingertips.
“So intimate, this Chopin, that I think his soul
Should be resurrected only among friends
Some two or three, who will not touch the bloom
That is rubbed and questioned in the concert room.”
—And so the conversation slips
Among velleities and carefully caught regrets
Through attenuated tones of violins
Mingled with remote cornets
And begins.

“You do not know how much they mean to me, my friends,
And how, how rare and strange it is, to find
In a life composed so much, so much of odds and ends,
[For indeed I do not love it ... you knew? you are not blind!
How keen you are!]
To find a friend who has these qualities,
Who has, and gives
Those qualities upon which friendship lives.
How much it means that I say this to you—
Without these friendships—life, what cauchemar!”

Among the windings of the violins
And the ariettes
Of cracked cornets
Inside my brain a dull tom-tom begins
Absurdly hammering a prelude of its own,
Capricious monotone
That is at least one definite “false note.”
—Let us take the air, in a tobacco trance,
Admire the monuments,
Discuss the late events,
Correct our watches by the public clocks.
Then sit for half an hour and drink our bocks.

II

Now that lilacs are in bloom
She has a bowl of lilacs in her room
And twists one in his fingers while she talks.
“Ah, my friend, you do not know, you do not know
What life is, you who hold it in your hands”;
(Slowly twisting the lilac stalks)
“You let it flow from you, you let it flow,
And youth is cruel, and has no remorse
And smiles at situations which it cannot see.”
I smile, of course,
And go on drinking tea.
“Yet with these April sunsets, that somehow recall
My buried life, and Paris in the Spring,
I feel immeasurably at peace, and find the world
To be wonderful and youthful, after all.”

The voice returns like the insistent out-of-tune
Of a broken violin on an August afternoon:
“I am always sure that you understand
My feelings, always sure that you feel,
Sure that across the gulf you reach your hand.

You are invulnerable, you have no Achilles’ heel.
You will go on, and when you have prevailed
You can say: at this point many a one has failed.

But what have I, but what have I, my friend,
To give you, what can you receive from me?
Only the friendship and the sympathy
Of one about to reach her journey’s end.

I shall sit here, serving tea to friends...”

I take my hat: how can I make a cowardly amends
For what she has said to me?
You will see me any morning in the park
Reading the comics and the sporting page.
Particularly I remark
An English countess goes upon the stage.
A Greek was murdered at a Polish dance,
Another bank defaulter has confessed.
I keep my countenance,
I remain self-possessed
Except when a street piano, mechanical and tired
Reiterates some worn-out common song
With the smell of hyacinths across the garden
Recalling things that other people have desired.
Are these ideas right or wrong?

III

The October night comes down; returning as before
Except for a slight sensation of being ill at ease
I mount the stairs and turn the handle of the door
And feel as if I had mounted on my hands and knees.
“And so you are going abroad; and when do you return?
But that’s a useless question.
You hardly know when you are coming back,
You will find so much to learn.”
My smile falls heavily among the bric-à-brac.

“Perhaps you can write to me.”
My self-possession flares up for a second;
This is as I had reckoned.
“I have been wondering frequently of late
(But our beginnings never know our ends!)
Why we have not developed into friends.”
I feel like one who smiles, and turning shall remark
Suddenly, his expression in a glass.
My self-possession gutters; we are really in the dark.

“For everybody said so, all our friends,
They all were sure our feelings would relate
So closely! I myself can hardly understand.
We must leave it now to fate.
You will write, at any rate.
Perhaps it is not too late.
I shall sit here, serving tea to friends.”

And I must borrow every changing shape
To find expression ... dance, dance
Like a dancing bear,
Cry like a parrot, chatter like an ape.
Let us take the air, in a tobacco trance—

Well! and what if she should die some afternoon,
Afternoon grey and smoky, evening yellow and rose;
Should die and leave me sitting pen in hand
With the smoke coming down above the housetops;
Doubtful, for a while
Not knowing what to feel or if I understand
Or whether wise or foolish, tardy or too soon...
Would she not have the advantage, after all?
This music is successful with a “dying fall”
Now that we talk of dying—
And should I have the right to smile?

T.S. Eliot
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MessageSujet: Re: La poésie   Sam 26 Mai - 15:35

Blowin' in the wind






How many roads must a man walk down
Before you call him a man?
Yes, 'n' how many seas must a white dove sail
Before she sleeps in the sand?
Yes, 'n' how many times must the cannon balls fly
Before they're forever banned?

The answer, my friend, is blowin' in the wind,
The answer is blowin' in the wind.

How many times must a man look up
Before he can see the sky?
Yes, 'n' how many ears must one man have
Before he can hear people cry?
Yes, 'n' how many deaths will it take till he knows
That too many people have died?

The answer, my friend, is blowin' in the wind,
The answer is blowin' in the wind.
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MessageSujet: Re: La poésie   Sam 26 Mai - 15:52

Bon, il est connu mais je le poste quand même:

Psaume 23
Cantique de David.
L'Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien.


Il me fait reposer dans de verts pâturages,
Il me dirige près des eaux paisibles.

Il restaure mon âme,
Il me conduit dans les sentiers de la justice,
A cause de son nom.

Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort,
Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi:
Ta houlette et ton bâton me rassurent.

Tu dresses devant moi une table,
En face de mes adversaires;
Tu oins d'huile ma tête,
Et ma coupe déborde.

Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront
Tous les jours de ma vie,
Et j'habiterai dans la maison de l'Éternel
Jusqu'à la fin de mes jours.







Sinon, un autre poème très connu, de Baudelaire:

L'invitation au voyage

Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur,
D'aller là-bas vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes,

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
A l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
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MessageSujet: Re: La poésie   Sam 26 Mai - 16:04

J'endore ma fille avec ça...

LES YEUX NOIRS

Les yeux noirs, les yeux brûlants !
Les yeux ardents, les yeux brillants !
Comme je vous aime, comme je vous crains !
J'aperçois votre regard en ce moment
Hé, pas votre âme !
Voir clair en vous pour mon esprit obscur
Voir une flamme s'élever en vous
Mon cœur brûle en elle
Mais non je ne suis pas triste, non je ne suis pas morose
Je me réjouis devant ma destinée
Dieu nous a tout donné, le meilleur de la vie
Et dans la mort je lui donnerai mes yeux de feu.
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Le Duelliste
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MessageSujet: Re: La poésie   Sam 26 Mai - 16:06

À la fin tu es las de ce monde ancien
Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin
Tu en as assez de vivre dans l'antiquité grecque et romaine
Ici même les automobiles ont l'air d'être anciennes
La religion seule est restée toute neuve la religion
Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation
Seul en Europe tu n'es pas antique ô Christianisme
L'Européen le plus moderne c'est vous Pape Pie X
Et toi que les fenêtres observent la honte te retient
D'entrer dans une église et de t'y confesser ce matin
Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut
Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux
Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d'aventures policières
Portraits des grands hommes et mille titres divers
J'ai vu ce matin une jolie rue dont j'ai oublié le nom
Neuve et propre du soleil elle était le clairon
Les directeurs les ouvriers et les belles sténo-dactylographes
Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent
Le matin par trois fois la sirène y gémit
Une cloche rageuse y aboie vers midi
Les inscriptions des enseignes et des murailles
Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent
J'aime la grâce de cette rue industrielle
Située à Paris entre la rue Aumont-Thiéville et l'avenue des Ternes
Voilà la jeune rue et tu n'es encore qu'un petit enfant
Ta mère ne t'habille que de bleu et de blanc
Tu es très pieux et avec le plus ancien de tes camarades René Dalize
Vous n'aimez rien tant que les pompes de l'Église
Il est neuf heures le gaz est baissé tout bleu vous sortez du dortoir en cachette
Vous priez toute la nuit dans la chapelle du collège
Tandis qu'éternelle et adorable profondeur améthyste
Tourne à jamais la flamboyante gloire du Christ
C'est le beau lys que tous nous cultivons
C'est la torche aux cheveux roux que n'éteint pas le vent
C'est le fils pâle et vermeil de la douloureuse mère
C'est l'arbre toujours touffu de toutes les prières
C'est la double potence de l'honneur et de l'éternité
C'est l'étoile à six branches
C'est Dieu qui meurt le vendredi et ressuscite le dimanche
C'est le Christ qui monte au ciel mieux que les aviateurs
Il détient le record du monde pour la hauteur
Pupille Christ de l'oeil
Vingtième pupille des siècles il sait y faire
Et changé en oiseau ce siècle comme Jésus monte dans l'air
Les diables dans les abîmes lèvent la tête pour le regarder
Ils disent qu'il imite Simon Mage en Judée
Ils crient s'il sait voler qu'on l'appelle voleur
Les anges voltigent autour du joli voltigeur
Icare Enoch Élie Apollonius de Thyane
Flottent autour du premier aéroplane
Ils s'écartent parfois pour laisser passer ceux que transporte la Sainte-Eucharistie
Ces prêtres qui montent éternellement élevant l'hostie
L'avion s'emplit alors de millions d'hirondelles
À tire-d'aile viennent les corbeaux les faucons les hiboux
D'Afrique arrivent les ibis les flamants les marabouts
L'oiseau Roc célébré par les conteurs et les poètes
Plane tenant dans les serres le crâne d'Adam la première tête
L'aigle fond de l'horizon en poussant un grand cri
Et d'Amérique vient le petit colibri
De Chine sont venus les pihis longs et souples
Qui n'ont qu'une seule aile et qui volent par couples
Puis voici la colombe esprit immaculé
Qu'escortent l'oiseau-lyre et le paon ocellé
Le phénix ce bûcher qui soi-même s'engendre
Un instant voile tout de son ardente cendre
Les sirènes laissant les périlleux détroits
Arrivent en chantant bellement toutes trois
Et tous aigle phénix et pihis de la Chine
Fraternisent avec la volante machine
Maintenant tu marches dans Paris tout seul parmi la foule
Des troupeaux d'autobus mugissants près de toi roulent
L'angoisse de l'amour te serre le gosier
Comme si tu ne devais jamais plus être aimé
Si tu vivais dans l'ancien temps tu entrerais dans un monastère
Vous avez honte quand vous vous surprenez à dire une prière
Tu te moques de toi et comme le feu de l'Enfer ton rire pétille
Les étincelles de ton rire dorent le fond de ta vie
C'est un tableau pendu dans un sombre musée
Et quelquefois tu vas le regarder de près
Aujourd'hui tu marches dans Paris les femmes sont ensanglantées
C'était et je voudrais ne pas m'en souvenir c'était au déclin de la beauté
Entourée de flammes ferventes Notre-Dame m'a regardé à Chartres
Le sang de votre Sacré-Coeur m'a inondé à Montmartre
Je suis malade d'ouïr les paroles bienheureuses
L'amour dont je souffre est une maladie honteuse
Et l'image qui te possède te fait survivre dans l'insomnie et dans l'angoisse
C'est toujours près de toi cette image qui passe
Maintenant tu es au bord de la Méditerranée
Sous les citronniers qui sont en fleur toute l'année
Avec tes amis tu te promènes en barque
L'un est Nissard il y a un Mentonasque et deux Turbiasques
Nous regardons avec effroi les poulpes des profondeurs
Et parmi les algues nagent les poissons images du Sauveur
Tu es dans le jardin d'une auberge aux environs de Prague
Tu te sens tout heureux une rose est sur la table
Et tu observes au lieu d'écrire ton conte en prose
La cétoine qui dort dans le coeur de la rose
Épouvanté tu te vois dessiné dans les agates de Saint-Vit
Tu étais triste à mourir le jour où tu t'y vis
Tu ressembles au Lazare affolé par le jour
Les aiguilles de l'horloge du quartier juif vont à rebours
Et tu recules aussi dans ta vie lentement
En montant au Hradchin et le soir en écoutant
Dans les tavernes chanter des chansons tchèques
Te voici à Marseille au milieu des pastèques
Te voici à Coblence à l'hôtel du Géant
Te voici à Rome assis sous un néflier du Japon
Te voici à Amsterdam avec une jeune fille que tu trouves belle et qui est laide
Elle doit se marier avec un étudiant de Leyde
On y loue des chambres en latin Cubicula locanda
Je m'en souviens j'y ai passé trois jours et autant à Gouda
tu es à Paris chez le juge d'instruction
Comme un criminel on te met en état d'arrestation
tu as fait de douloureux et de joyeux voyages
Avant de t'apercevoir du mensonge et de l'âge
tu as souffert de l'amour à vingt et à trente ans
J'ai vécu comme un fou et j'ai perdu mon temps
Tu n'oses plus regarder tes mains et à tous moments je voudrais sangloter
Sur toi sur celle que j'aime sur tout ce qui t'a épouvanté
Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants
Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent des enfants
Ils emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare
Ils ont foi dans leur étoile comme les rois-mages
Ils espèrent gagner de l'argent dans l'Argentine
Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune
Une famille transporte un édredon rouge comme vous transportez votre coeur
Cet édredon et nos rêves sont aussi irréels
Quelques-uns de ces émigrants restent ici et se logent
Rue des Rosiers ou rue des Écouffes dans des bouges
Je les ai vus souvent le soir ils prennent l'air dans la rue
Et se déplacent rarement comme les pièces aux échecs
Il y a surtout des Juifs leurs femmes portent perruque
Elles restent assises exsangues au fond des boutiques
Tu es debout devant le zinc d'un bar crapuleux
Tu prends un café à deux sous parmi les malheureux
Tu es la nuit dans un grand restaurant
Ces femmes ne sont pas méchantes elles ont des soucis cependant
Toutes même la plus laide a fait souffrir son amant
Elle est la fille d'un sergent de ville de Jersey
Ses mains que je n'avais pas vues sont dures et gercées
J'ai une pitié immense pour les coutures de son ventre
J'humilie maintenant à une pauvre fille au rire horrible ma bouche
Tu es seul le matin va venir
Les laitiers font tinter leurs bidons dans les rues
La nuit s'éloigne ainsi qu'une belle Métive
C'est Ferdine la fausse ou Léa l'attentive
Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie
Ta vie que tu bois comme une eau-de-vie
Tu marches vers Auteuil tu veux aller chez toi à pied
Dormir parmi tes fétiches d'Océanie et de Guinée
Ils sont des Christ d'une autre forme et d'une autre croyance
Ce sont les Christ inférieurs des obscures espérances
Adieu Adieu
Soleil cou coupé

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MessageSujet: Re: La poésie   Sam 26 Mai - 16:16

Un souvenir de mon oral du Bac Français de 1991 Wink

    France, mère des arts, des armes et des lois,
    Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle:
    Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,
    Je remplis de ton nom les antres et les bois.

    Si tu m'as pour enfant avoué quelquefois,
    Que ne me réponds-tu maintenant, ô cruelle ?
    France, France, réponds à ma triste querelle.
    Mais nul, sinon Echo, ne réponds à ma voix.

    Entre les loups cruels j'erre parmi la plaine,
    Je sens venir l'hiver, de qui la froide haleine
    D'une tremblante horreur fait hérisser ma peau.

    Las, tes autres agneaux n'ont faute de patûre,
    Ils ne craignent le loup, le vent, ni la froidure:
    Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau.

    Joachim du Bellay, in les Regrets.
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MessageSujet: Re: La poésie   Sam 26 Mai - 17:01

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie


Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même


Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N'oublie pas


Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara


Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas


Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant


Oh Barbara
Quelle connerie la guerre


Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang


Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant


Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abîmé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De fer d'acier de sang


Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.


Jacques Prévert
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MessageSujet: Re: La poésie   Sam 26 Mai - 17:02

Dieu est un fumeur de havanes ...





    Dieu est un fumeur de havanes
    Je vois ses nuages gris
    Je sais qu'il fume même la nuit
    Comme moi ma chérie

    Tu n'est qu'un fumeur de gitanes
    Je vois tes volutes bleus
    Me faire parfois venir les larmes aux yeux
    Tu es mon maître après Dieu

    Dieu est un fumeur de havanes
    C'est lui-même qui m'a dit
    Que la fumée envoie au paradis
    Je le sais ma chérie

    Tu n'es qu'un fumeur de gitanes
    Sans elles tu es malheureux
    Au clair de la lune ouvre les yeux
    Pour l'amour de Dieu

    Dieu est un fumeur de havanes
    Tout près de toi loin de lui
    J'aimerais te garder toute ma vie
    Comprends-moi ma chérie

    Tu n'es qu'un fumeur de gitanes
    Et la dernière je veux
    La voir briller au fond de tes yeux
    Aime-moi nom de Dieu

    Serge Gainsbourg
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MessageSujet: Re: La poésie   Dim 24 Juin - 0:21

асы
Часы! sinister бог, тревожить, бесстрастный, перст угрожает нас и говорит к нам: "вспомните! Вибрируя боли в вашем сердце вполне с страхом засадят скоро как в цели;

Парообразное удовольствие исчезнет к горизонту также,как sylphid на дне скольжения; каждого момента вы часть наслаждения при каждый человек даренный на полностью его сезон.

3 тысячи 600 времен согласно с час, второй шепот: Вспомните! - быстро, при свой голос насекомого, теперь известный как: Я буду, и я нагнел вашу жизнь с моим рожочка!

Вспомните! Вспомните! spendthrift! Memor Esto! (мой металл более gosier говорит все языки) минутами, смертным fol4atre, будут gangues которые одно не должно выпустить без извлекать золото от его!

Вспомните что временем будет падкий игрок приобретает без обжуливать, с любым дуновением! будет законом. Уменшение дня; увеличения ночи, вспоминают! Яма всегда thirsty; clepsydre опорожняется.

Иногда час будет звучать когда божественное Hasard, где величественный добродетель, ваше виргинское encor супруги, где Repentance ровное (oh! последний inn!), Где очень скажет вас: Плашка, свободный старый человек! он слишком последний! "

Хандра и идеально, LXXXV
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MessageSujet: Re: La poésie   Dim 24 Juin - 2:39

J'essaierais de vous retrouver les paroles du titre Passe l'amour d'un auteur qui a écrit pour Isabelle Aubret : Patrick Deny.
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MessageSujet: Re: La poésie   Mer 15 Aoû - 1:09

Avec passion

Je me souviens de ces étés… de cet été, cet été de canicule et de passion.
Sur le parvis rouge de cette vieille église, j’avançais pas à pas,
J’entrais dans le lieu saint, inondé de fraîcheur délicieuse,
Et j’attendais jusqu’à ce que le couchant rougisse les vitraux.

Pendant ces longues nuits, je me tenais près de la fenêtre,
J’aspirais à pleins poumons l’air frais, laissant un léger zéphyr caresser ma joue,
Et je pensais, je repensais, à tant et tant de choses !
Oui j’aurais voulu crier au monde mon désir de vivre et ma soif de liberté.

Dans une matinée d’août j’arrivais dans ce lieu grandiose,
Puis je repartais à midi, foulant la route romaine,
Et je ressentais la chaleur de ses vieilles pierres chauffées par un soleil de plomb,
Mon cœur encore engourdi par la souffrance se dilatait et jouissait enfin.

Sur cette chère montagne des Alpes, et dans cette grotte pyrénéenne,
Dans les rues de Paris et sur les quais de la Seine,
Et quand je suis monté sur scène, je me suis réjoui.
Oui j’ai aimé la vie, j’ai aimé l’art… et la liberté.

Je faisais de la musique, et le jour de la musique,
Dans cette chapelle poussiéreuse, mon cœur était ému,
Devant ce vieux retable et sous ce ciel étoilé,
Je me passionnais pour la beauté et la vérité.

J’ai pris le train à la gare, ma vie n’est qu’un roman de gare.
Mais ma vie fut passion, car j’ai aimé, j’ai souffert,
Et je vais de l’avant, et je vis, et je mourrai un jour,
Toujours en aimant, toujours libre, avec passion.
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MessageSujet: Re: La poésie   Mer 15 Aoû - 1:49

La première fois quand je l'ai vue
J'ai tout de suite remarqué son regard
J'en étais complètement hagard

Dans ce jardin du Luxembourg
Je me suis dit : il faut que je l'aborde
Pour voir si tous les deux on s'accorde

J'ai déposé mon baluchon
Alors j'ai vu tes gros yeux doux
J'en suis dev'nu un peu comme fou

Quand je t'ai dit que tu me plaisais
Que j'aimerais bien te revoir
Tu m'as donné rendez-vous le soir

Et je t'ai dit Oh Pénélope
Que tu étais une sacrée belle fille
Que je t'aimerai toute ma vie

Quand dans ce lit de marguerites
Tu m'as caressé doucement la tête
Ma vie entière est une fête

Et sous les regards de la foule
J'ai posé ma main sur ta main
Vous voyez bien que ce n'est pas malsain

A l'ombre des eucalyptus
Je t'ai dit : je veux que tu me suives
Je te sentais d'humeur lascive

Alors comme ça dans les tulipes
Tu m'as fait une petite promesse
Gage d'affection et de tendresse

Si notre amour devait céder
Je n'aurais plus qu'à me faire prêtre
Je ne pourrais jamais m'en remettre

Car si un jour notre amour rouille
Je m'en mordrai très fort les doigts
Chérie vraiment je n'aime que toi

Paul Adam.
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MessageSujet: Re: La poésie   Lun 20 Aoû - 18:53

A la vierge Marie.

Tu es mon éternelle, la flamme qui m’anime.
Reine passionnelle, tu es magnanime.
Une Sainte, un symbole, que je prie chaque jour.
Icône de l’Amour, tu le vois qui s’envole,
En direction des cieux, ton fils règne avec Dieux.
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MessageSujet: Re: La poésie   Mar 18 Sep - 21:05

Emma
(inspiration sur une photo de fôret en hiver)

En cette Aube automnale lentement elle pénètre
Dans cet antre virginal, la Forêt d’ Oikema.
Elle ouvre une fenêtre sur des vices inconnus
Son corps diaphane et nu sort ainsi du coma.
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MessageSujet: Re: La poésie   

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La poésie
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