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 Baverez: "Il faut une thérapie de choc"

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Jarod
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MessageSujet: Baverez: "Il faut une thérapie de choc"   Dim 9 Sep - 17:05

Historien et économiste libéral, Nicolas Baverez analyse les difficultés économiques de la France, qui peine à hausser son taux de croissance. S'il estime que "les choix engagés par le gouvernement vont dans le bons sens", il regrette que les problèmes soient davantage "contournés" que réglés. Et souligne qu'il y a urgence à s'attaquer à des réformes structurelles.




Citation :
2007 pour la France à 1,8%. Pourquoi restons-nous le plus mauvais élève de l'Europe?

Pour des raisons structurelles. C'est notre modèle économique, consistant à subventionner la consommation par la dette publique, qui est insoutenable. Cela crée à la fois du déficit public mais aussi du déficit commercial: comme le pays manque de compétitivité et de dynamisme, nous consommons de plus en plus de produits importés. C'est le coût du travail qui est au coeur de nos problèmes. Depuis 2000, c'est-à-dire depuis l'instauration des 35 heures, il a augmenté de 30% en France alors qu'il a diminué en Allemagne. Nous consommons et nous importons; l'Allemagne produit et exporte. Du coup, notre économie est incapable de générer plus de 2% de croissance. Nous sommes en situation de récession industrielle et en quasi-état de cessation de paiement au regard de nos finances publiques. A cela s'est ajoutée la crise financière de l'été qui a renchéri le coût de l'argent et déstabilisé le consommateur américain. Et nous allons en ressentir les effets...


Nicolas Sarkozy affirme vouloir "aller chercher" la croissance. Est-ce une incantation ou bien les premières réformes engagées peuvent-elles réellement aboutir?

Sur le principe, Nicolas Sarkozy a raison: sans modification du modèle économique, nous allons vers une aggravation des déficits commerciaux et publics, donc une baisse de la croissance et une hausse du chômage. N'oublions pas d'ailleurs que la baisse actuelle du chômage est due pour l'essentiel aux emplois "Borloo" subventionnés. Globalement les choix engagés vont dans le bon sens, et c'est sans doute la dernière occasion pour notre pays de faire les réformes de fond de manière pacifique. C'est l'enjeu du quinquennat. Si on le rate, les réformes finiront par se faire, mais au prix de violences politiques et sociales graves.


Le gouvernement ne fait donc pas fausse route?

Il s'attaque à des problèmes de fond mais il le fait en contournant les difficultés. Il n'est pas frontal dans son approche; par exemple le bouclier fiscal qui permet de normaliser l'exception fiscale française en Europe sans abolir l'ISF, ou la détaxation des heures supplémentaires pour sortir des 35 heures. Les réformes sur le crédit d'impôt-recherche, la baisse du train de vie de l'Etat, l'assouplissement des 35 heures, la dépénalisation de la vie économique s'inscrivent dans la logique d'offre indispensable pour relancer notre économie. Il n'empêche que dans le contexte mondial actuel, devenu beaucoup plus difficile qu'au printemps dernier, il faut s'attaquer directement au rétablissement de la compétitivité et à la maîtrise de la dépense publique.


"La France est l'homme malade de l'Europe, nous avons des handicaps terribles." Comment le faire alors?

Depuis les années 1990, la dépense publique augmente en moyenne de 1,5% par an pour l'Etat. Les dépenses de protection sociale ont, elles, crû de 3,5 %: la seule franchise médicale ne suffira pas. Sans parler des collectivités territoriales, dont les dépenses progressent de 4,5% en moyenne ! Mais là c'est très compliqué d'agir car l'opposition dirige la plupart des régions et leur indépendance est garantie constitutionnellement. Une des réussites des réformes allemandes est pourtant bien à chercher dans le changement des compétences et la responsabilité financière des Länder.


Ces réformes sont-elles menées à un train assez rapide pour le "déclinologue" que vous êtes?

La France a attendu un quart de siècle, maintenant elle doit agir, et vite. Il est impossible d'éviter une thérapie de choc. L'urgence, c'est le travail, c'est de s'attaquer aux problèmes structurels au-delà des difficultés conjoncturelles. Pour l'équipe en place, c'est toute la question du pilotage du quinquennat: il faudra arbitrer entre popularité et réforme. La France est l'homme malade de l'Europe, nous avons des handicaps terribles. Il va falloir aussi s'interroger sur un secteur public mieux payé que le secteur privé, plus coûteux et moins productif que chez nos concurrents. Voyez l'Education nationale: les coûts sont très élevés (7% de la richesse nationale) pour des performances qui régressent. Nicolas Sarkozy a été élu sur un mandat clair de réforme et de rupture.


Quel est l'effet "Banque centrale européenne" sur le ralentissement de notre économie?

La stratégie de la BCE n'est pas calquée sur la réalité puisqu'elle martèle sa vigilance à propos de l'inflation, qui, à 1,7%, reste inférieure à l'objectif de 2% qu'elle a elle-même fixé. La situation milite clairement pour une baisse des taux. La surévaluation de l'euro nous pénalise précisément parce que nous sommes l'économie la plus faible et la plus dépendante de la zone. Mais nos vrais problèmes ne viennent pas de Francfort. C'est en France que se trouve la solution à nos maux.


Le marché européen est peut-être une chance pour notre économie?

C'est un levier. Sans rien abandonner, nous devons privilégier nos pôles d'excellence, dans le luxe, le tourisme, les services financiers ou informatiques. Et pour cela il faut accepter la libéralisation des services en Europe qui nous est favorable. Au plan national, les priorités vont à la libéralisation du travail, à la recherche et à l'innovation, à la déréglementation, mais aussi au soutien des PME: il faut assouplir leurs règles de fonctionnement, leur assurer de meilleurs financements, leur simplifier la vie. On pourrait aussi imaginer une baisse de l'impôt sur les sociétés au bénéfice de ces petites structures. Sauf que là, la marge de manoeuvre est réduite. Toute baisse supplémentaire des impôts doit désormais être gagée sur une diminution préalable des dépenses.
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MessageSujet: Re: Baverez: "Il faut une thérapie de choc"   Dim 9 Sep - 17:07

Le nom de l'économiste change, mais j'ai l'impression de lire la même chose à chaque fois. De toue façon c'est pas sarko qui va les faire les réformes structurelles, il est trop à gauche.
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