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 L'euro ne dépend pas que de la BCE

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karg se
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MessageSujet: L'euro ne dépend pas que de la BCE   Dim 29 Juil - 19:10

HÉLÈNE REY
L'euro ne dépend pas que de la BCE



Abas l'euro fort ! Les hommes et les femmes politiques de tout bord, Nicolas Sarkozy inclus, ont souvent vitupéré la vigueur de l'euro. L'argument est classique : une monnaie chère gêne nos exportateurs et pénalise notre économie. Il a été utilisé récemment dans le contexte de la concurrence entre Airbus et Boeing qui bénéficierait d'un dollar faible pour garnir son carnet de commandes. Les effets d'un euro fort ne sont bien sûr pas si simples. Un dollar faible allège la facture pétrolière et fait baisser le prix des matières premières en général car leurs cours sont libellés en dollars. De plus, selon leurs structures industrielles, certaines économies sont peu influencées par les variations de taux de change. Nos voisins allemands par exemple semblent s'accoutumer de l'appré- ciation de l'euro et leur surplus commercial atteint des niveaux record.

Cela dit, il est intéressant de se demander qui, dans la zone euro, est en charge de la politique des changes. En pratique, la Banque centrale européenne (BCE), aidée par la Réserve fédérale américaine, est intervenue pour soutenir l'euro en septembre 2000 après que la monnaie européenne se fut dépréciée d'environ 30 % vis-à-vis du dollar durant les vingt et un premiers mois de son existence. Trois autres interventions ont suivi en septembre et novembre 2000. L'euro s'est ensuite apprécié. Il n'y a eu aucune intervention depuis. Selon l'« orthodoxie bruxello-francfortoise », la réclamation d'une baisse de l'euro par des politiciens est tout autant inappropriée que la demande d'une politique monétaire plus accommodante. De fait, le mandat de la BCE est de garantir la stabilité des prix dans la zone euro, et son indépendance, octroyée par le traité de Maastricht, la protège de toute tentative d'ingérence des hommes ou femmes politiques en matière de politique monétaire. Ces derniers n'ont que trop tendance à utiliser la BCE comme bouc émissaire et à la rendre responsable de leurs propres échecs.

Mais doit-on accepter l'« orthodoxie bruxello-francfortoise » en matière de politique des changes ? D'après le traité de Maastricht, la BCE a dans ses prérogatives la gestion du marché des changes au quotidien. Néanmoins, le Conseil des ministres de l'Economie et des Finances de la zone euro, baptisé Ecofin, « statuant à la majorité qualifiée soit sur recommandation de la Commission et après consultation de la BCE, soit sur recommandation de la BCE, peut formuler les orientations générales de politique de change » (article 109). Il est donc possible en théorie que les ministres des Finances de la zone euro, certes en consultation avec la BCE, demandent une intervention sur le marché des changes pour affaiblir le cours de l'euro. Une telle intervention ne remettrait pas en cause l'indépendance de la BCE en matière de politique monétaire : l'accroissement de la masse monétaire provenant de l'intervention sur le marché des changes pourrait être neutralisé par une émission de titres de même montant. Cette procédure, appelée « stérilisation », est tout à fait standard. Outre-Atlantique, le Trésor américain a, à plusieurs reprises et en coopération avec la Réserve fédérale, eu recours à des interventions de ce type sur le marché des changes pour affecter le cours du dollar. En 1998 et en 2000 par exemple, le Trésor, poussant sa politique commerciale, a suscité des interventions pour affaiblir le dollar vis-à-vis du yen.

Ces interventions, qui étaient peu compatibles avec la rhétorique du « dollar fort » des autorités de l'époque, ont pris place après d'âpres discussions entre le Trésor et la Réserve fédérale qui ont duré plusieurs mois en 2000 (1). Il serait bien sûr ridicule que les ministres des Finances de la zone euro s'engagent de façon routinière dans la politique des changes. Mais, dans un monde où les déséquilibres extérieurs américains sont massifs, où les marchés tendent à amplifier les fluctuations dans les prix des actifs, la monnaie américaine pourrait atteindre des niveaux exagérément bas. Si tel était le cas, une réaction concertée des ministres des Finances et de la BCE en coopération avec la Réserve fédérale américaine serait la bienvenue.
HÉLÈNE REY est professeur à l'université de Princeton.

(1) Voir Edwin M. Truman, « What can exchange rates tell us ? » dans « C. Fred Bergsten and The World Economy, chapitre 9, Peterson Institute for International Economics, 2006.


La BCE pourrait faire baisser l'euro, mais avec beaucoup de si...
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