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 Les retraites, petit topo

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karg se
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MessageSujet: Les retraites, petit topo   Lun 23 Juil - 20:35

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Citation :
Versac lance Retraites2007, un blog qui traite de la question des retraites dans la campagne électorale. Une bonne initiative, et l'occasion de s'interroger sur quelques éléments sur le sujet.

Le débat sur les retraites est vite agaçant, parce qu'il se transforme facilement en querelle de principe (ah, les grands débats sur la capitalisation et la répartition...) qui ne mènent à rien. Voici une façon de le caractériser qui permet dans une large mesure de faire abstraction de ces querelles. Fondamentalement, la question des retraites naît de l'évolution démographique. La hausse de l'espérance de vie et la diminution de la natalité conduisent mécaniquement à une augmentation du nombre et de la proportion des personnes âgées dans le pays. Un instrument utile pour mesurer cela est le ratio de dépendance : le rapport entre le nombre de personnes en âge de travailler (15-64 ans) et le nombre de personnes en dehors de cet âge (en dessous de 15 et au dessus de 65). Ce ratio est voué à diminuer dans les pays développés d'ici à 2050. Dans quelle mesure?

Il y a deux ans, l'ONU avait consacré un rapport à ce sujet, en s'interrogeant sur le nombre de migrants nécessaires à combler le "déficit démographique" des pays développés. Le vieillissement de la population et la diminution de la natalité vont réduire la population et le nombre d'actifs; en imaginant que cela soit comblé par les flux migratoires, quelle doit être l'ampleur de ces flux?

Supposons que la France souhaite maintenir sa population constante d'ici à 2050. Cela implique d'accueillir d'ici là 1.5 millions de migrants, soit 27 000 par an. Ce chiffre est inférieur aux entrées de migrants moyennes des années 90. Pour l'Union Européenne, cela représente 863 000 migrants par an, soit moins que les entrées actuelles.

Mais maintenir la population constante n'est pas suffisant en termes de retraites, puisque cela ne compenserait pas la diminution du nombre des personnes en âge de travailler. Pour maintenir ce nombre constant, il faudrait en France 5.5 millions de migrants d'ici 2050, soit 99 000 par an, ce qui reste raisonnable. Néanmoins, la hausse de l'espérance de vie fait que cela ne modifierait pas beaucoup l'évolution du ratio de dépendance; d'environ 5 aujourd'hui (5 personnes en âge de travailler pour une personne en dehors de cet âge) il passerait à 2.5 (soit 2.5 actifs pour un inactif, sachant que tous les actifs ne travaillent pas). Si l'on veut maintenir le ratio de dépendance français à son niveau de 1995, il faut d'ici 2050 94 millions d'immigrants, soit 1.7 millions par an. La population française passerait en 50 ans à 160 millions d'habitants. A titre de référence, il y a en gros 800 000 naissances par an en France.

Je le répète : ces chiffres sont indépendants de la nature du système de retraite, des régimes spéciaux, de la croissance économique, de quoi que ce soit d'autre. Aucune variation de natalité ne le modifiera autrement qu'à la marge. Si l'on veut chercher une base, elle est là. Il paraît que 83% des français s'inquiètent pour leur retraite : la seule chose que l'on peut se dire, c'est que les 17% d'autres ne sont probablement pas informés. Qu'en conclure?

- tout d'abord, il paraît que certains candidats à la présidentielle présentent l'immigration comme l'un des facteurs les plus menaçants envers le pacte social français. Ils ont raison : si l'immigration n'augmente pas dans des proportions significatives en France, le pacte social va avoir du mal à tenir. Mais soyons justes : même une immigration accrue ne fera pas autre chose que lisser un peu le problème. Après tout, si la population française augmentait dans les proportions indiquées, cela ne ferait que déplacer le problème, car tous ces nouveaux arrivants finiraient par prendre leur retraite à leur tour. Je vous laisse le soin d'imaginer la nouvelle croissance exponentielle de la population qu'il faudrait pour compenser.

- L'argument immédiat consiste à dire que d'ici 2050, la France connaîtra une croissance économique. Certes, on peut l'espérer. Mais compter sur la croissance économique signifie que les actifs d'ici 2050 produiront environ 2.5 fois plus qu'aujourd'hui, mais que leur rémunération n'augmentera pas ou peu, parce que l'essentiel de leurs gains serait capté par les retraites et les frais annexes (comme les dépenses de santé). Certes, ils auraient au bout du compte le même pouvoir d'achat qu'aujourd'hui. Pour donner un ordre d'idées, le salaire minimum du début des années 70 correspond au RMI d'aujourd'hui, à pouvoir d'achat constant. Cela signifie donc que d'ici 2050, les gens qui touchent le salaire minimum deviendraient RMIstes. Quand on voit actuellement les conséquences sur le climat social de 5 ans de croissance faible du pouvoir d'achat en France, on peut douter de ce que cela se passe sans explosion sociale.

- Ajoutons qu'il n'est pas du tout certain dans ces conditions que la croissance reste identique. Malcolm Gladwell avait cité récemment des travaux montrant que le ratio de dépendance était un très bon prédicteur de la croissance. La très forte croissance irlandaise récente s'expliquerait ainsi principalement par un ratio de dépendance favorable.

- Passons sur les solutions du genre "il faut faire payer les profits", argument qui repose sur une mauvaise lecture de la répartition capital-travail. In fine cela ne fait qu'élever les coûts de production et ramène au même point.

- Passons aussi sur "il n'y a qu'à créer des fonds de pension". cela ne résoud en rien une question démographique qui se pose pour tous les pays, quel que soit leur système de retraite. Dans un système par répartition, on prélève sur les actifs; dans un système par capitalisation la sortie en rentes des actifs accumulés nécessite que les actifs les achètent à leur tour... Donc on fait aussi payer les actifs.

- reste donc la seule possibilité : la solution est une combinaison de hausse de l'âge de la retraite, de hausse des cotisations, et de baisse des pensions. La seule question qui vaille est de savoir quelle répartition de cette charge sera acceptable. Et pour être honnête, personne ne peut savoir quel compromis sera accepté. Après tout, si les salariés modifient leurs préférences intertemporelles et raisonnent sur leur revenu total tout au long de la vie dès le début, ils pourront peut-être accepter d'élever leur productivité sans hausse de salaire. Peut-être choisiront-ils d'épargner plus. Peut-être que l'inactivité des seniors sera vécue par eux comme tellement insupportable que spontanément, ceux-ci voudront élever leur taux d'activité, amenuisant leur demande de pensions. Peut-être que les gens décideront massivement que vivre au delà d'un certain âge n'a pas d'intérêt si c'est pour être totalement dépendant. En bref, c'est toute la société qui va devoir changer.

- Mais personne ne peut avoir une idée de la façon dont ces compromis vont s'établir. C'est pour cela que se poser dès aujourd'hui la question de la "réforme des retraites" ne mène pas très loin. Ce n'est pas au cours des 5 prochaines années que des choses fondamentales seront décidées, ne fût-ce que parce que les politiques qui proposent aux gens de se serrer la ceinture tout de suite pour de toute façon se la serrer dans 50 ans, mais un peu moins, n'ont strictement aucune chance d'être écoutés. L'essentiel des débats et des programmes, d'ailleurs, n'y fait pas allusion mais se concentre sur des questions secondaires d'équité, de lutte contre la pauvreté, ou de simple clientélisme électoral. Comme dans beaucoup de domaines, c'est de la société qu'émergera l'issue du problème, pas de la politique.

Ca date mais pour certains le besoin de révision se fait sentir.
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