l'article date du 20 septembre. Et d'envisager ce pécule a été le détonateur qui a décidé les syndicats à lancer cette journée de grève :
En proposant un
«pécule de départ» aux fonctionnaires qui voudraient quitter
le noble service de l’Etat, Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas poussé le
bouchon trop loin ? C’est que pense l’ensemble des syndicats, y compris
les plus ouverts à la négociation. Ils ne comprennent pas quelle mouche
a piqué le Président alors qu’il les avait déjà fâchés, la veille, en
imposant un calendrier très serré pour la réforme des régimes spéciaux
de retraite. Résultat : hier, cinq syndicats de cheminots ont appelé à
la grève pour le 17 octobre.
«Estomaqués». Et maintenant, le statut des fonctionnaires. «La mobilité, on n’a rien contre,[/i] rappelle Eric Fritsch, secrétaire général de l’union des fonctionnaires CFDT.
L’idée que l’on puisse passer de la fonction publique au secteur
privé et vice-versa ne nous choque pas. Mais que l’on verse un pécule
pour que les gens renoncent à remplir des missions de service public,
là, on est estomaqués.» Son homologue de la CGT Fonctionnaires, Jean-Marc Canon, parle, lui, d’
«attaque frontale».
Quant à Elisabeth David, (Unsa Fonctionnaires), elle se dit
«extrêmement choquée» par les propos du Président.
«Un mot est totalement absent du discours présidentiel, note GérardAschieri (FSU),
celui de qualification. Or, le problème de la fonction publique en
général, et de l’Education nationale en particulier, va être dans les
prochaines années de recruter des gens qualifiés, pas de les inciter à
partir en leur proposant un pécule.» La réponse de Nicolas Sarkozy à cette question est sans ambiguïté : en donnant
«le choix aux nouveaux entrants entre le statut de fonctionnaire ou un contrat de droit privé négocié de gré à gré».On touche là aux fondamentaux du statut de la fonction publique. Bien plus que les régimes spéciaux de retraite, ce refus de reconnaître la particularité
du service de l’Etat de la part de celui qui en est le chef pourrait
bien être le détonateur qui va mettre les agents du service public dans la rue. La violence des réactions syndicales au discours d’hier
contraste avec la relative modération des commentaires de celui de
mardi au Sénat devant les journalistes d’information sociale. Même la
CGT s’était contentée d’appeler à soutenir une manifestation organisée
un samedi, le 13 octobre, par deux associations (Fnath et Andeva)
luttant contre les discriminations dans l’emploi. Autant dire un
service minimum.
Cette grande prudence s’explique par la donne un peu particulière de l’implantation syndicale dans les entreprises publiques. A la SNCF comme à la RATP, la CGT arrive en tête, talonnée par les autonomes de l’Unsa, qui sont fortement implantés chez les conducteurs de train et même majoritaires chez les chauffeurs de bus de la RATP. Or, l’Unsa n’a jamais caché qu’elle était ouverte au dialogue.
«Les gens sentent bien qu’ils ne peuvent rester à l’écart d’une négociation, souligne son secrétaire général, Alain Olive.
Ils ne sont pas déconnectés de ce qui se passe ailleurs. La seule
chose qu’ils ressentent comme une profonde injustice, c’est d’être
montrés du doigt et traités de privilégiés.»Collimateur. La CGT était plus ou moins sur la même
longueur d’onde. Mais le discours d’hier change la donne. La base était
déjà tentée de suivre les mots d’ordre de SUD Rail, qui appelle à
défendre bec et ongles le régime spécial des cheminots. Maintenant que
l’ensemble des salariés du public est dans le collimateur, la CGT ne
peut plus reculer devant la mobilisation. Aujourd’hui, les syndicats de
la RATP se réunissent pour décider d’une action. Et demain, l’ensemble
des fédérations de fonctionnaire se retrouve au siège de Solidaires
pour décider d’une riposte.
«Il faut mobiliser dès maintenant, estime Gérard Aschieri (FSU),
sans exclure un appel à la grève.»
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"S’agissant de la situation dans les banlieues (...). Sur les ruines de la démocratie s’installe la voyoucratie".
(Jean-Marie Le Pen, dimanche 26 septembre 1999) Merci Vladana